Maladie, handicap : vive le vélo électrique !

Il y avait dix ans que mon vélo dormait dans un cabanon de jardin, lorsque j’ai décidé de le ressortir en septembre 2017. C’était donc la première fois que je remontais sur un vélo depuis que je suis atteinte de myasthénie. Je n’avais aucune idée de ce que ça allait donner, ni même si j’étais seulement capable de faire du vélo.

A cette époque, une douleur au talon m’empêchait d’aller marcher régulièrement, alors pouvoir monter sur un vélo, c’était vraiment le pied, question mobilité ! En octobre 2017, j’ai fait mon premier vrai essai lors d’une escapade à l’île Madame, en Charente Maritime. On a fait tout le tour de l’île à vélo. Résultat : le bonheur pur, la liberté totale ! Pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu le sentiment d’enfin profiter de ma journée, sans passer à côté de la moitié de ce qu’il y avait à voir. Par chance, hormis une petite côte au départ, le terrain était relativement plat, me permettant d’être en roue libre régulièrement. Car oui, si faire du vélo m’a ravie, j’ai quand même bien été obligée de constater mes limites physiques : si le terrain n’est pas strictement plat, quelques tours de pédales suffisent à me faire tétaniser immédiatement les cuisses. De plus, la position sur un VTT n’est pas adaptée : trop en avant, tout le poids sur mes bras, cela m’a occasionné une ou deux fois un douloureux blocage de la cage thoracique pendant plusieurs jours.

♥ En avril 2018, mon amour de mari a fait le sacrifice financier de m’offrir un vélo à assistance électrique ! ♥

Quand on a commencé à s’y intéresser quelques semaines plus tôt, je me suis posé plein de questions. La première étant : même avec une assistance, vais-je vraiment être capable de faire du vélo, de monter des côtes, bref d’aller partout ?

C’est pour répondre à ces questions que j’ai décidé de rédiger cet article, afin d’apporter les réponses que j’ai moi-même cherchées, un sujet sur lequel vous vous interrogez peut-être vous aussi si, atteinte d’une maladie ou d’un handicap, vous envisagez l’acquisition d’un vélo à assistance électrique.
Je vous invite, dans un premier temps, à visionner la petite vidéo ci-dessous. Après quoi, j’entrerai davantage dans les détails techniques.

LA BATTERIE

Le premier aspect à considérer lors de l’achat d’un vélo à assistance électrique, c’est la batterie. C’est elle qui donne au vélo sa puissance et son autonomie. La mienne est une Samsung de 468 Wattheures, de 36 Volts et 13 Ampères/heure.

Quelle est l’importance de ces chiffres ?

La performance de la batterie s’exprime par la combinaison de sa tension exprimée en Volt (36 V pour la mienne) et de sa capacité, exprimée en Ampère-Heure (13 Ah pour la mienne). Ce que j’en ai retenu, c’est que plus la tension est élevée, plus le vélo a de puissance et plus il est facile de monter les côtes, par exemple. Plus sa capacité est élevée, plus le vélo dispose d’autonomie, c’est-à-dire plus vous pouvez faire de kilomètres sans avoir à recharger la batterie.

Bien sûr, l’autonomie donnée est relative : elle dépend également du poids du vélo, des conditions météorologiques (température, présence de vent ou pas), du poids du cycliste, du type de relief, du gonflage des pneus et du niveau d’assistance utilisé.

Un minimum de 36 V est recommandé pour bien grimper les côtes sans trop avoir à aider le vélo en pédalant fort.

En multipliant la tension par la capacité, on obtient la puissance du vélo, exprimée en Wattheures. Par exemple, mon vélo a une puissance de 36 x 13 = 468 Watt pour un moteur qui, lui, a une puissance de 250 Watt.

Tout d’abord, Il faut faire attention à ce que la batterie soit au moins aussi puissante que le moteur du vélo (250 Watt). Une batterie d’une puissance inférieure signifierait que si vous vous mettez sur le niveau d’assistance maximum, cela n’est même pas suffisant pour faire fonctionner le moteur à sa pleine puissance. Or, un moteur qui ne fonctionne pas à sa puissance nominale, va chauffer (dixit mon chéri. Parce que, soyons clairs, moi je n’y connais rien en électricité !).
Dans le cas où la batterie a une puissance supérieure à 250 W, comme sur mon vélo, la puissance est bridée électroniquement et le surplus de puissance est reporté sur une plus grande autonomie de la batterie.

En effet, un vélo à assistance électrique est prévu pour une vitesse maximale de 25 km/h. Cela ne veut pas dire que vous ne pourrez pas rouler au-delà de cette vitesse mais l’assistance, elle, se coupe dès que vous atteignez 25 km/h.

Mon vélo possède une batterie Lithium Ion. Ce sont les batteries les plus répandues de nos jours sur les vélos à assistance électrique. Leur avantage est qu’elles n’ont théoriquement pas d’effet mémoire et peuvent donc être rechargées après chaque sortie à vélo, sans avoir à attendre qu’elles soient d’abord complètement déchargées.
Ma batterie est donnée pour 750 charges complètes, ce qui permet quand même de faire  un sacré nombre de kilomètres avant de devoir changer la batterie. Et c’est tant mieux, car la batterie constitue environ 80 % du prix du vélo !

Pour prolonger au maximum la durée de vie de cette batterie, il y a quelques précautions à prendre :

– ne jamais la laisser se décharger complètement, au risque de l’endommager

– ne jamais la stocker pour une durée prolongée alors qu’elle est déchargée, car cela serait préjudiciable à ses performances et réduirait sa durée de vie.

La batterie est amovible. Elle peut se recharger en étant à poste sur le vélo, ou pas. Elle se recharge en quelques heures sur une prise de courant classique.

LE MOTEUR

Sur un vélo à assistance électrique, le moteur peut se trouver, soit dans la roue arrière, soit dans la roue avant, soit dans le pédalier. J’ai lu quelque part que le moteur dans le moyeux arrière procurait une conduite plus dynamique. En revanche, un moteur dans le pédalier permet d’avoir un vélo plus équilibré. Sur mon vélo, le moteur se trouve dans la roue arrière, sachant qu’il y a déjà la batterie sous la porte-bagage, donc tout le poids se trouve à l’arrière… y compris mon popotin !

Comme mentionné dans la vidéo, il s’agit d’un vélo à assistance électrique, donc il s’agit d’une assistance destinée à réduire l’effort de pédalage. Cela signifie donc que le pédalage est obligatoire pour que le moteur fonctionne.

Là encore, il existe deux types de fonctionnement :

  • les VAE procurant une assistante dite « tout ou rien » qui, comme le mien, sont équipés d’un capteur qui va détecter la rotation du pédalier. Le moteur se met en route si vous pédalez et il fonctionne ensuite à un niveau constant pour un même niveau d’assistance.
  • les VAE procurant une assistance proportionnelle, équipés de capteurs qui, cette fois-ci, mesurent la pression exercée sur les pédales. L’assistance est alors ajustée en fonction de l’effort fourni par le cycliste, et donc de son niveau de difficulté.

L’assistance est gérée grâce à une console de commande placée sur le guidon. Elle indique le niveau de charge de la batterie et permet de gérer les différents niveaux d’assistance.
Concernant mon propre vélo, le niveau de charge est indiqué par quatre LED. Si les quatre LED sont allumées, j’ai 100 % d’autonomie (environ 60 km il me semble, en conditions « idéales » comme on l’a vu plus haut). Trois LED indiquent un niveau de charge de 60 %. Deux LED, 40 %. Et une LED, 20 %.

De plus, des voyants de charge existent également sur la batterie elle-même.

Concernant les niveaux d’assistance, je ne sais pas si c’est la même chose sur tous les vélos, mais en ce qui concerne le mien, le premier niveau d’assistance permet un fonctionnement du moteur à 45 % de sa puissance, et pour aller à une vitesse de 11-12 km. Si je reste sur le premier niveau d’assistance mais que je dépasse 12 km/h, l’assistance se coupe. J’ai le choix, soit de passer au deuxième niveau si j’en ai besoin, soit de continuer ainsi, sans assistance si je n’éprouve pas le besoin d’être aidée.
Le deuxième niveau d’assistance correspond à un fonctionnement du moteur à 55 % de sa puissance et permet d’aller à une vitesse de 14-15 km/h. Le troisième, à 70 %, permet d’être assisté jusqu’à 17-18 km/h. Et, enfin, le quatrième niveau d’assistance fait fonctionner le moteur à sa pleine puissance jusqu’à une vitesse maximale de 25 km/h, qui est la vitesse maximale de tous les vélos électriques, car au-delà de cette vitesse, un véhicule doit être immatriculé.
Je dispose également d’un cinquième mode qui permet de renforcer l’assistance par moteur et d’activer l’aide à la poussée (6 km/h), notamment pour le démarrage mais également pratique en mode piéton, pour pousser le vélo.

Bien évidemment, on peut à tout moment utiliser le vélo sans l’assistance comme un vélo normal. Et c’est ce que je fais quand je suis bien lancée et que je roule sur du plat et sur du bitume, par exemple : je coupe alors l’assistance car, de toute façon, je roule suffisamment vite pour qu’elle ne se déclenche pas. Il faudra juste se rappeler que le vélo pèse bien plus lourd qu’un vélo classique (entre 20 et 30 kg !) et qu’il vaut mieux ne pas tomber en panne de batterie et devoir le ramener sans aucune assistance du tout.

MYASTHÉNIE ET HANDICAP : MON EXPÉRIENCE DU VAE

Mon vélo est de type vélo de ville. Il me permet d’avoir une position plutôt droite grâce à un guidon assez haut. Avec ma mauvaise expérience sur le VTT (un poil petit pour moi, de surcroît) où je me suis retrouvée plusieurs jours, avec la cage thoracique complètement bloquée pour avoir trop sollicité mes muscles du haut du corps, j’avoue que je n’étais pas du tout chaude pour choisir un modèle « sportif ».

De plus, autre point très intéressant, j’ai choisi mon vélo avec un enjambement bas. Je trouvais ce point indispensable car, même si j’arrive aisément à monter sur un vélo normalement, en passant la jambe par l’arrière, j’ai pensé qu’après un long trajet qui aurait quand même bien sollicité mes cuisses, je pourrais avoir les jambes trop faibles pour enjamber la selle et descendre du vélo en toute sécurité et sans perte d’équilibre. C’était vraiment un de mes critères dans le choix d’un modèle.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un vélo à assistance électrique n’est pas forcément fait pour les faignants. Même sans handicap physique, un vélo à assistance électrique permet un entraînement physique efficace, notamment au niveau aérobie.

Pour ma part, je ne regrette vraiment pas du tout cette acquisition ! Quelle liberté j’ai retrouvée grâce à lui ! Cela me permet de prendre l’air, de respirer, de faire travailler mon cardio et, d’une façon générale, d’avoir pu reprendre une activité physique plus régulière.

Je l’ai eu fin avril 2018 et, malheureusement, la météo n’a pas été vraiment propice : il a plu une bonne partie du mois de mai et, en juillet et août, c’est la canicule qui m’a empêchée de sortir. Malgré tout, j’ai fait un peu moins de 200 km sur mon vélo depuis 6 mois et c’est vraiment un pur bonheur à chaque fois que je monte dessus. J’ai vraiment l’impression de pouvoir tout faire, de pouvoir aller partout, sans avoir à vérifier le dénivelé du parcours à l’avance ou à me retrouver à devoir marcher à côté de mon vélo dans les côtes parce que je n’arrive pas à les monter ! Je ne peux pas m’empêcher de sourire, lorsque je suis en train de pédaler  : il m’a vraiment changé la vie ! Décidément, je n’arrive pas à trouver le moindre « moins », je suis entièrement enchantée par ce vélo ♥

La plupart du temps, j’essaie de rester sur le niveau inférieur d’assistance car l’objectif est aussi de faire travailler mon souffle et mes muscles. Mais, en cas de pente, je ne me prive pas pour monter le niveau d’assistance afin d’avoir moins à forcer et, alors, c’est comme si quelqu’un me poussait dans le dos. Quel confort !

En septembre 2016, j’ai découvert l’existence de la Vélodyssée, la véloroute de 1200 km qui relie Roscoff, en Bretagne, à Hendaye, dans le Pays Basque. Ça m’a tout de suite fait vibrer, je me suis dit que j’allais me lancer le défi de faire au moins un morceau de cette piste. Aujourd’hui, avec mon vélo à assistance électrique, le projet est envisageable et j’espère bien relever le défi en 2019. En attendant, je m’entraîne sur les pistes cyclables Vendée Vélo, et j’ai le choix puisque nous disposons de 1800 km sur le département…

A suivre 😉

Une pensée sur “Maladie, handicap : vive le vélo électrique !

  • 4 décembre 2018 à 17 h 40 min
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    Super article !! J’envisage depuis quelques mois à m’offrir un vélo électrique pour aller travailler. Et comme je suis moi aussi souffrante de plusieurs handicaps, ton article donne de l’espoir ! De supers conseils pour le choix du vélo aussi, merci !!

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